Faisons le point à Lyon
Entre 2017 et 2026, les tarifs servant à déterminer la valeur locative des locaux professionnels dans le Rhône et la Métropole de Lyon ont sensiblement progressé. L’analyse réalisée par Fiscallia à partir des grilles tarifaires officielles fait apparaître une évolution moyenne d’environ +9,6 % sur les 38 catégories étudiées, avec des écarts beaucoup plus importants selon la nature du local et son secteur d’évaluation.
Le constat général est particulièrement intéressant : les commerces arrivent une nouvelle fois en tête des plus fortes progressions, mais le Rhône présente également des hausses importantes pour les dépôts, certains établissements d’enseignement et les bureaux.
MAG4 arrive en première position avec une progression moyenne de +14,6 %, devant MAG3 à +13,9 %. DEP4 progresse de +11,8 %, MAG1 de +11,1 %, ENS2 de +11,1 %, DEP2 de +10,7 % et BUR2 de +10,6 %.
À l’échelle d’un secteur, les différences deviennent encore plus impressionnantes. MAG4 secteur 5 augmente de 19,5 %, tandis que MAG3 secteur 4 progresse de 17 %. Surtout, MAG3 secteur 6 passe de 1 478,10 €/m² en 2017 à 1 721,10 €/m² en 2026, soit 243 €/m² supplémentaires.
Ce niveau constitue l’un des tarifs les plus élevés que nous ayons rencontrés jusqu’à présent dans notre série d’analyses territoriales.
Le fichier 2026 apporte également une information importante : le coefficient d’évolution départemental atteint 1,023, soit +2,3 %. Là encore, il s’agit d’un niveau relativement élevé par rapport à plusieurs départements déjà analysés par Fiscallia.
Mais attention : nous parlons ici des tarifs utilisés pour construire les valeurs locatives professionnelles, et non directement du montant de taxe foncière payé par les propriétaires.
La distinction est essentielle.
Pourquoi 2017 constitue-t-il le point de départ de cette analyse ?
L’année 2017 correspond à l’entrée en vigueur de la révision des valeurs locatives des locaux professionnels, la RVLLP.
Depuis cette réforme, les locaux professionnels relevant de la méthode tarifaire prévue par l’article 1498 du Code général des impôts ne sont plus évalués selon l’ancien système historique.
Leur valeur locative dépend désormais principalement de quatre éléments :
la surface pondérée ;
la catégorie du local ;
le secteur d’évaluation ;
le tarif correspondant, éventuellement corrigé par un coefficient de localisation.
De manière simplifiée :
Valeur locative = surface pondérée × tarif au m² × éventuel coefficient de localisation.
Les tarifs sont ensuite actualisés. L’article 1518 ter du CGI prévoit qu’entre deux actualisations générales, ils sont mis à jour chaque année par l’administration à partir de l’évolution des loyers déclarés.
La DGFiP confirme que les grilles tarifaires et coefficients de localisation ont été mis à jour en 2025 pour produire leurs effets sur les impositions 2026, tandis que les secteurs restent ceux déterminés lors de l’entrée en vigueur de la RVLLP au 1er janvier 2017.
Nous pouvons donc comparer deux photographies particulièrement pertinentes :
2017 : début de la RVLLP ;
2026 : neuf années d’évolution des tarifs.
Une particularité importante : Rhône et Métropole de Lyon sont associés dans la grille
Le document 2026 fourni pour cette étude porte l’intitulé :
« Département : Rhône – Métropole de Lyon ».
Cette situation n’est pas anodine.
Le Code général des impôts contient d’ailleurs une disposition spécifique concernant la Métropole de Lyon. Pour certaines propriétés évaluées selon la méthode prévue au III de l’article 1498, le coefficient d’évolution tient compte des loyers constatés sur le département du Rhône et la Métropole de Lyon.
Le territoire étudié présente par ailleurs :
7 secteurs d’évaluation
aussi bien en 2017 qu’en 2026.
Nous disposons donc d’une structure parfaitement comparable sur l’ensemble de la période.
38 catégories et 7 secteurs : une base particulièrement détaillée
L’analyse porte sur les grandes familles suivantes :
ATE pour les ateliers ;
BUR pour les bureaux ;
CLI pour certains établissements de soins et assimilés ;
DEP pour les dépôts et locaux assimilés ;
ENS pour l’enseignement ;
HOT pour l’hébergement ;
IND pour certaines catégories industrielles entrant dans cette nomenclature ;
MAG pour les magasins et commerces ;
SPE pour différentes catégories particulières.
Pour chaque catégorie, sept tarifs correspondant aux sept secteurs peuvent être comparés entre 2017 et 2026.
Cela représente :
38 catégories × 7 secteurs = 266 couples catégorie/secteur.
Cette profondeur permet d’aller bien plus loin qu’une moyenne départementale.
Une progression moyenne d’environ 9,6 % entre 2017 et 2026
Si l’on calcule la moyenne simple des évolutions des 38 catégories, le résultat ressort à environ :
+9,6 %
entre 2017 et 2026.
Cette valeur doit être interprétée comme un indicateur statistique.
Elle ne signifie pas que la valeur locative de tous les locaux professionnels du Rhône a augmenté exactement de 9,6 %.
Elle ne signifie surtout pas que la taxe foncière moyenne a augmenté de 9,6 %.
Chaque catégorie reçoit ici le même poids, indépendamment du nombre réel de locaux présents sur le territoire.
Cette moyenne est néanmoins intéressante pour comparer la dynamique du Rhône avec les départements étudiés précédemment par Fiscallia.
Nous avions notamment relevé environ :
+6,2 % dans le Pas-de-Calais ;
+6,9 % dans le Nord ;
+8,7 % en Loire-Atlantique ;
et +5,7 % en Martinique.
Avec environ +9,6 %, le Rhône apparaît donc comme un territoire où l’évolution des tarifs professionnels depuis 2017 est particulièrement soutenue.
MAG4 : +14,6 %, la plus forte progression moyenne
La première place du classement revient à :
MAG4
Le tarif moyen des sept secteurs passe de :
191,67 €/m² en 2017
à :
219,67 €/m² en 2026.
Soit :
+14,6 %.
L’écart absolu moyen est de :
+28 €/m².
La hausse n’est cependant pas homogène selon les secteurs.
Le secteur 5 connaît une progression particulièrement forte :
2017 : 221,70 €/m² ;
2026 : 265 €/m².
Soit :
+19,5 %.
Il s’agit de la plus forte augmentation relative de l’ensemble des 266 couples catégorie/secteur étudiés.
Que représente +43,30 €/m² sur un grand local ?
La différence du secteur 5 atteint :
265 – 221,70 = 43,30 €/m².
Prenons seulement un exemple pédagogique avec :
2 000 m² de surface pondérée.
L’écart tarifaire serait :
43,30 × 2 000 = 86 600 €.
Sur 5 000 m² :
216 500 €.
Ces sommes ne sont évidemment pas une augmentation directe de taxe foncière.
Elles représentent la différence au stade du tarif servant à construire la valeur locative.
Mais elles permettent de comprendre pourquoi quelques dizaines d’euros par mètre carré peuvent devenir importantes sur un grand patrimoine commercial.
MAG3 : deuxième avec +13,9 %, mais très loin devant en valeur absolue
MAG3 occupe la deuxième place du classement moyen.
En 2017, sa moyenne sur les sept secteurs était de :
727,96 €/m².
En 2026 :
828,79 €/m².
Évolution :
+13,9 %.
Différence moyenne :
+100,83 €/m².
Et c’est là que MAG3 devient réellement spectaculaire.
MAG4 augmente légèrement davantage en pourcentage.
Mais MAG3 part de niveaux de tarifs beaucoup plus élevés.
Par conséquent, son évolution en euros par mètre carré est sans comparaison.
MAG3 secteur 6 : 1 721,10 €/m² en 2026
Le cas le plus remarquable concerne le secteur 6.
En 2017 :
1 478,10 €/m².
En 2026 :
1 721,10 €/m².
Évolution :
+16,4 %.
Différence :
+243 €/m².
C’est l’écart absolu le plus important de tout le fichier.
Prenons un local de 1 000 m² pondérés :
243 × 1 000 = 243 000 €
de différence tarifaire entre les deux grilles.
Sur 3 000 m² :
729 000 €.
Sur 5 000 m² :
1 215 000 €.
Encore une fois, cela ne représente pas une taxe foncière supplémentaire de 1,2 million d’euros.
Mais nous sommes face à une augmentation considérable de la composante tarifaire entrant dans la construction de la valeur locative.
MAG3 secteur 4 augmente de 17 %
Le secteur 4 présente également une très forte évolution.
2017 :
533,20 €/m².
2026 :
623,90 €/m².
Écart :
+90,70 €/m².
Progression :
+17 %.
Il s’agit de la deuxième plus forte augmentation relative de MAG3 et de l’une des plus importantes de toutes les catégories.
MAG3 secteur 5 : +16,4 %
Le secteur 5 passe pour sa part de :
759,90 €/m²
à :
884,70 €/m².
Soit :
+124,80 €/m²
et :
+16,4 %.
Les secteurs 4, 5 et 6 présentent donc une dynamique particulièrement forte pour MAG3.
Une situation étonnante entre les secteurs 6 et 7
En 2017, MAG3 affichait exactement :
1 478,10 €/m²
dans les secteurs 6 et 7.
Les deux secteurs étaient donc à égalité.
En 2026 :
secteur 6 :
1 721,10 €/m² ;
secteur 7 :
1 616,20 €/m².
La progression du secteur 6 a atteint :
+16,4 %,
contre seulement :
+9,3 % pour le secteur 7.
En neuf ans, les deux secteurs se sont donc sensiblement éloignés.
C’est un excellent exemple de ce que signifie la mise à jour différenciée des tarifs : deux secteurs identiques en 2017 peuvent suivre des trajectoires différentes au fil du temps.
DEP4 : troisième plus forte progression moyenne
La troisième place du classement est plus surprenante.
Elle revient à :
DEP4.
La moyenne passe de :
85,19 €/m² en 2017
à :
95,23 €/m² en 2026.
Soit :
+11,8 %.
Cette progression montre que la hausse ne concerne pas uniquement le commerce.
Le Rhône présente également une dynamique significative sur certaines catégories de dépôt ou de stationnement relevant de la famille DEP.
Le secteur 4 est particulièrement dynamique :
95,10 → 108,70 €/m²,
soit environ :
+14,3 %.
MAG1 : +11,1 %
MAG1 passe en moyenne de :
177,99 €/m²
à :
197,80 €/m².
Évolution :
+11,1 %.
Mais là encore, le niveau dépend énormément du secteur.
En 2026 :
secteur 1 :
73,50 €/m² ;
secteur 2 :
101,40 €/m² ;
secteur 3 :
139,10 €/m² ;
secteur 4 :
174,30 €/m² ;
secteur 5 :
216,50 €/m² ;
secteur 6 :
280,70 €/m² ;
secteur 7 :
399,10 €/m².
Entre les deux extrêmes :
399,10 ÷ 73,50 ≈ 5,4.
Ainsi, pour une même catégorie, le tarif du secteur 7 est plus de cinq fois supérieur à celui du secteur 1.
Cette dispersion géographique est beaucoup plus importante que les 11,1 % de hausse moyenne depuis 2017.
ENS2 : +11,1 %
ENS2 suit presque exactement la même évolution.
Moyenne 2017 :
139,63 €/m².
Moyenne 2026 :
155,10 €/m².
Soit :
+11,1 %.
Le secteur 5 enregistre même :
148 → 171,30 €/m²,
soit :
+15,7 %.
C’est la cinquième plus forte progression localisée de toute notre analyse.
DEP2 : +10,7 %
DEP2 passe de :
102,14 €/m²
à :
113,10 €/m².
Évolution moyenne :
+10,7 %.
La dispersion sectorielle est remarquable.
En 2026 :
secteur 1 :
39,40 €/m² ;
secteur 2 :
61,60 €/m² ;
secteur 3 :
74,50 €/m² ;
secteur 4 :
87,60 €/m² ;
secteur 5 :
97,20 €/m² ;
secteur 6 :
213,50 €/m² ;
secteur 7 :
217,90 €/m².
Entre secteur 1 et secteur 7, le rapport atteint :
×5,5.
Un entrepôt relevant de DEP2 peut donc connaître une valeur tarifaire totalement différente selon sa localisation dans le Rhône ou la Métropole de Lyon.
BUR2 : les bureaux progressent de 10,6 %
Les bureaux ne sont pas en reste.
BUR2 passe de :
181,70 €/m² en moyenne en 2017
à :
201,04 €/m² en 2026.
Soit :
+10,6 %.
Le secteur 7 atteint :
278,90 €/m²
contre :
243,60 €/m² en 2017.
Soit :
+35,30 €/m²
et :
+14,5 %.
Sur un immeuble de bureaux de 10 000 m² pondérés, cet écart tarifaire représente théoriquement :
353 000 €
au stade de la valeur locative.
Les bureaux constituent donc un autre segment particulièrement sensible.
Le Top 10 des catégories ayant le plus progressé
L’analyse donne le classement suivant :
| Catégorie | Moyenne 2017 | Moyenne 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| MAG4 | 191,7 €/m² | 219,7 €/m² | +14,6 % |
| MAG3 | 728,0 €/m² | 828,8 €/m² | +13,9 % |
| DEP4 | 85,2 €/m² | 95,2 €/m² | +11,8 % |
| MAG1 | 178,0 €/m² | 197,8 €/m² | +11,1 % |
| ENS2 | 139,6 €/m² | 155,1 €/m² | +11,1 % |
| DEP2 | 102,1 €/m² | 113,1 €/m² | +10,7 % |
| BUR2 | 181,7 €/m² | 201,0 €/m² | +10,6 % |
| SPE2 | 94,3 €/m² | 104,2 €/m² | +10,5 % |
| MAG2 | 133,2 €/m² | 146,8 €/m² | +10,3 % |
| HOT4 | 81,5 €/m² | 89,9 €/m² | +10,3 % |
Le commerce arrive donc très clairement en tête, mais le reste du classement est beaucoup plus diversifié que dans certains départements étudiés précédemment.
MAG5 se situe également tout près des 10 %
MAG5 progresse de :
160,11 €/m²
à :
176,11 €/m².
Soit pratiquement :
+10 %.
Le secteur 4 est particulièrement dynamique :
119,50 → 138,10 €/m²,
soit :
+15,6 %.
Une fois encore, nous retrouvons une forte revalorisation des catégories commerciales.
Le Rhône confirme la tendance nationale de MAG3 et MAG4
Après plusieurs études départementales, un phénomène devient de plus en plus net.
Dans le Nord :
MAG4 +13,8 % ;
MAG3 +11,8 %.
Dans le Pas-de-Calais :
MAG3 +13,1 % ;
MAG4 +12,1 %.
En Loire-Atlantique :
MAG3 +14,8 % ;
MAG4 +14,6 %.
En Martinique :
MAG3 +9,7 % ;
MAG4 +7,9 %.
Et dans le Rhône :
MAG4 +14,6 % ;
MAG3 +13,9 %.
La répétition est désormais remarquable.
MAG3 et MAG4 figurent systématiquement parmi les catégories commerciales les plus dynamiques de nos analyses 2017-2026.
Cela ne permet pas d’affirmer qu’une cause économique unique explique le phénomène partout en France.
Mais statistiquement, le signal devient particulièrement fort.
Le coefficient d’évolution départemental 2026 atteint 1,023
Le fichier 2026 indique :
1,023
comme coefficient d’évolution départemental.
Soit :
+2,3 %.
Ce chiffre mérite d’être remarqué.
À titre de comparaison, nous avions notamment rencontré dans nos analyses précédentes :
Pas-de-Calais :
1,014 ;
Nord :
1,016 ;
Seine-et-Marne et Essonne :
1,016 ;
Yvelines :
1,018 ;
Loire-Atlantique :
1,021.
Avec :
1,023
le Rhône – Métropole de Lyon présente donc un coefficient 2026 supérieur à ceux de ces territoires.
Attention cependant à son interprétation.
Ce coefficient ne constitue pas un multiplicateur général permettant de calculer tous les tarifs 2026.
L’article 1518 ter distingue la mise à jour des locaux relevant de la méthode tarifaire de l’article 1498 II et celle des propriétés évaluées dans les conditions du III du même article. Pour ces dernières, un coefficient départemental est utilisé ; le texte comporte en outre une disposition propre aux biens situés sur le territoire de la Métropole de Lyon.
Il ne faut donc pas écrire :
« Tous les tarifs du Rhône ont augmenté de 2,3 % en 2026 ».
Ce serait juridiquement inexact.
Les secteurs 4, 5 et 6 ont connu la plus forte dynamique moyenne
L’analyse peut aussi être réalisée par secteur.
En calculant la moyenne simple de l’ensemble des 38 tarifs dans chaque secteur entre 2017 et 2026, nous obtenons approximativement :
| Secteur | Évolution moyenne du niveau tarifaire |
|---|---|
| Secteur 1 | +8,5 % |
| Secteur 2 | +9,5 % |
| Secteur 3 | +10,1 % |
| Secteur 4 | +11,1 % |
| Secteur 5 | +11,3 % |
| Secteur 6 | +11,4 % |
| Secteur 7 | +10,2 % |
Le secteur 6 arrive donc légèrement en tête de cette approche, devant les secteurs 5 et 4.
Cette mesure reste une moyenne non pondérée, mais elle montre une tendance territoriale intéressante.
Plus on se rapproche des secteurs présentant globalement les tarifs les plus élevés, plus la hausse historique a été importante — avec l’exception relative du secteur 7, qui partait déjà de niveaux particulièrement élevés.
Le secteur 7 reste néanmoins le plus cher en moyenne
En 2026, la moyenne simple des 38 catégories ressort autour de :
64,5 €/m² en secteur 1 ;
89,4 €/m² en secteur 2 ;
109,2 €/m² en secteur 3 ;
128,6 €/m² en secteur 4 ;
158,4 €/m² en secteur 5 ;
197,9 €/m² en secteur 6 ;
et :
223,5 €/m² en secteur 7.
Cette moyenne ne constitue évidemment pas un tarif applicable à un local.
Elle permet uniquement d’observer la hiérarchie générale de la grille.
Le secteur 7 demeure ainsi le plus valorisé globalement.
Mais certaines catégories atteignent leur maximum ailleurs.
MAG3, par exemple, culmine désormais en secteur 6.
C’est pourquoi il ne faut jamais résumer une sectorisation à :
« le secteur 7 est toujours le plus cher ».
Chaque catégorie doit être examinée séparément.
MAG3 montre parfaitement que la hiérarchie des secteurs peut évoluer
En 2017 :
secteur 6 = 1 478,10 €/m² ;
secteur 7 = 1 478,10 €/m².
En 2026 :
secteur 6 = 1 721,10 €/m² ;
secteur 7 = 1 616,20 €/m².
Le secteur 6 est donc désormais environ :
105 €/m² plus cher
que le secteur 7.
La grille n’est pas figée.
Les mises à jour annuelles peuvent progressivement modifier la hiérarchie.
Même les catégories aux tarifs très faibles ont augmenté
Un autre résultat distingue le Rhône de plusieurs départements que nous avons analysés.
Dans certains territoires, SPE4 et SPE5 étaient restées parfaitement figées entre 2017 et 2026.
Ce n’est pas le cas ici.
SPE4 passe en moyenne de :
2,61 €/m²
à :
2,73 €/m²,
soit :
+4,4 %.
SPE5 passe de :
2,16 €/m²
à :
2,23 €/m²,
soit :
+3,3 %.
Ces deux catégories restent les moins dynamiques du département, mais elles ne sont pas totalement gelées.
Ce détail confirme que l’évolution des grilles peut être très différente d’un territoire à l’autre.
SPE5 est la catégorie la plus stable
Avec environ :
+3,3 %
SPE5 arrive en dernière position.
SPE4 suit avec :
+4,4 %.
Toutes les autres catégories dépassent environ 7,9 % dans notre calcul des moyennes.
Le contraste avec MAG4 est donc important :
MAG4 :
+14,6 %.
SPE5 :
+3,3 %.
La première progresse plus de quatre fois plus vite en pourcentage sur la période.
Attention : l’augmentation d’un tarif ne correspond pas à l’augmentation de la taxe foncière
C’est la précaution fondamentale de cet article.
Prenons MAG4 :
+14,6 % entre 2017 et 2026.
Cela ne signifie pas que les propriétaires de tous les locaux MAG4 ont vu leur taxe foncière augmenter de 14,6 %.
Pourquoi ?
Parce que la cotisation finale dépend de nombreux autres paramètres.
La surface pondérée.
Le secteur.
Le coefficient de localisation.
Les mécanismes de neutralisation.
Le planchonnement lorsqu’il intervient.
Le lissage pendant la période concernée.
Les taux votés localement.
Les éventuelles modifications du local.
La hausse du tarif constitue donc une composante de l’évolution de la taxe, pas l’évolution totale de l’avis.
Entre 2017 et 2026, le lissage complique encore la comparaison
La période étudiée correspond précisément à la période de transition de la RVLLP.
Lors de l’entrée en vigueur de la réforme, un lissage de la cotisation avait été prévu pour étaler certaines hausses ou baisses.
Ce mécanisme historique s’est progressivement éteint avant la première année sans lissage en 2026.
Ainsi, un propriétaire peut constater entre 2017 et 2026 une hausse de son avis nettement supérieure à celle du tarif.
Une partie de l’explication peut venir du fait que la nouvelle valeur locative était encore partiellement masquée par le mécanisme de transition au début de la période.
Il faut donc distinguer :
l’évolution des tarifs ;
et :
l’évolution des cotisations effectivement payées.
Un local dont le tarif n’a augmenté que de 10 % peut voir sa taxe augmenter beaucoup plus
Prenons un exemple théorique.
Surface pondérée :
5 000 m².
Tarif 2017 :
200 €/m².
Valeur tarifaire :
1 000 000 €.
Tarif 2026 :
220 €/m².
Valeur :
1 100 000 €.
La progression du tarif est :
+10 %.
Mais imaginons parallèlement :
une hausse des taux ;
l’extinction du lissage ;
ou une modification du coefficient de localisation.
La cotisation finale peut alors progresser de beaucoup plus de 10 %.
Inversement, une baisse de taux peut absorber une partie de l’augmentation tarifaire.
Pourquoi les très grands commerces doivent-ils être particulièrement vigilants dans le Rhône ?
Parce que MAG3 cumule plusieurs facteurs.
Des tarifs extrêmement élevés.
Une forte progression historique.
Une très grande dispersion entre secteurs.
Et, dans certains cas, des surfaces considérables.
Prenons MAG3 secteur 6 en 2026 :
1 721,10 €/m².
Une différence de seulement :
10 €/m²
sur une surface pondérée de :
5 000 m²
représente déjà :
50 000 € de valeur tarifaire.
Une différence de 100 €/m² :
500 000 €.
Une erreur de catégorie, de surface ou de secteur sur ce type de bien peut donc avoir un impact très important.
La bonne catégorie est plus importante que la hausse annuelle
Supposons un local de 3 000 m².
Catégorie appliquée :
500 €/m².
Catégorie correcte :
300 €/m².
Écart :
200 €/m².
Sur 3 000 m² :
600 000 € de différence au stade tarifaire.
À côté de cet écart, une progression historique de 10 ou 15 % devient secondaire.
C’est pourquoi Fiscallia n’analyse jamais uniquement le taux de progression annuel.
La première question reste :
le local est-il correctement classé ?
La surface pondérée peut elle aussi complètement modifier le résultat
Même raisonnement pour les surfaces.
Un bâtiment professionnel ne correspond pas toujours à une seule surface fiscale homogène.
Il peut comprendre :
une partie principale ;
des réserves ;
des surfaces secondaires ;
des espaces extérieurs ;
du stationnement.
Ces différentes parties n’ont pas nécessairement la même pondération.
Une erreur dans leur répartition peut donc modifier très fortement la surface utilisée pour calculer la valeur locative.
Sur un tarif de 1 700 €/m², quelques dizaines de mètres carrés pondérés deviennent rapidement significatifs.
Le coefficient de localisation doit également être contrôlé
Deux locaux appartenant à la même catégorie et situés dans le même secteur peuvent encore recevoir une valeur différente en raison du coefficient de localisation.
La DGFiP précise que les coefficients de localisation ont été actualisés pour les impositions 2026.
Il est donc insuffisant de vérifier uniquement :
la catégorie ;
et le tarif.
Il faut également déterminer si la parcelle bénéficie d’un coefficient particulier.
Les bureaux lyonnais méritent aussi une attention particulière
Le commerce monopolise naturellement l’attention avec les niveaux spectaculaires de MAG3.
Mais les bureaux présentent eux aussi des enjeux significatifs.
BUR1 atteint en secteur 7 :
234,80 €/m².
BUR2 :
278,90 €/m².
BUR3 :
209 €/m².
Pour un ensemble tertiaire de 15 000 m², quelques euros de différence par mètre carré peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de valeur locative.
Le classement BUR1/BUR2/BUR3 doit donc être contrôlé avec précision.
Les dépôts connaissent également d’importants écarts géographiques
Prenons DEP2.
2026 :
secteur 1 :
39,40 €/m².
Secteur 7 :
217,90 €/m².
Rapport :
×5,5.
Même catégorie.
Même année.
Même territoire départemental au sens large.
Mais un tarif plus de cinq fois supérieur selon le secteur.
Cela montre à quel point le terme générique « entrepôt dans le Rhône » est insuffisant pour estimer une taxe foncière.
Il faut connaître la localisation cadastrale précise.
L’analyse peut également servir avant une implantation
Les données ne servent pas uniquement à contester un avis existant.
Elles peuvent être utiles avant une acquisition ou la signature d’un bail.
Une entreprise qui hésite entre plusieurs implantations autour de Lyon peut comparer :
la catégorie du futur local ;
son secteur d’évaluation ;
le tarif applicable ;
les coefficients de localisation ;
les taux de taxe foncière ;
et les paramètres de CFE.
La fiscalité ne doit évidemment pas être le seul critère.
Mais lorsque plusieurs sites répondent aux besoins opérationnels, la différence de base fiscale peut devenir économiquement significative.
Le Rhône présente un marché fiscal extrêmement polarisé
L’écart entre les catégories les plus faibles et les plus élevées est spectaculaire.
En 2026 :
SPE5 peut descendre à :
1,50 €/m² en secteur 1.
MAG3 atteint :
1 721,10 €/m² en secteur 6.
Rapport :
plus de ×1 147.
Bien évidemment, ces locaux n’ont rien de comparable économiquement.
Un bien ne peut pas changer artificiellement de catégorie pour bénéficier d’un tarif inférieur.
Mais cette amplitude illustre la diversité du système.
Le terme « local professionnel » recouvre des réalités fiscales extrêmement différentes.
Le Rhône figure parmi les territoires les plus intéressants de notre série d’études
Plusieurs caractéristiques le distinguent.
Il possède 7 secteurs, ce qui permet une segmentation géographique particulièrement fine.
Les tarifs MAG3 atteignent des niveaux extrêmement élevés.
La hausse moyenne des 38 catégories approche 10 %.
Le coefficient départemental 2026 atteint 1,023.
Les commerces progressent rapidement, mais les dépôts, bureaux et certaines autres catégories connaissent également des hausses importantes.
Enfin, même les catégories les plus faibles n’ont pas été entièrement figées.
La grille présente donc une évolution beaucoup plus large qu’une simple hausse de MAG3.
2026 constitue une année particulièrement intéressante pour vérifier la taxe foncière
Nous disposons aujourd’hui d’une profondeur historique de neuf ans depuis l’entrée en vigueur de la RVLLP.
Les tarifs 2017 peuvent être comparés aux tarifs 2026.
Le lissage historique a disparu.
Les coefficients de localisation ont été actualisés.
Et les taux locaux ont eux aussi connu plusieurs évolutions.
Pour un propriétaire qui détient son local depuis longtemps, c’est donc un excellent moment pour reconstituer la trajectoire complète de sa fiscalité.
Une forte hausse n’est pas, en elle-même, contestable
Ce point doit rester central.
Si MAG4 secteur 5 a régulièrement progressé de 221,70 à 265 €/m², le simple fait que le nouveau tarif soit 19,5 % plus élevé ne constitue pas une erreur.
Le tarif officiel doit être appliqué.
Une réclamation doit reposer sur un élément objectivement incorrect :
mauvaise catégorie ;
mauvais secteur ;
mauvaise surface ;
coefficient de localisation erroné ;
consistance obsolète ;
exonération omise ;
ou autre anomalie affectant la valeur locative.
L’objectif de Fiscallia n’est donc pas de contester une grille tarifaire parce qu’elle a augmenté.
Il consiste à vérifier que la bonne ligne de cette grille est appliquée au bon bâtiment.
Que peut vérifier Fiscallia sur un local professionnel du Rhône ?
L’analyse peut commencer par la catégorie.
Le local est-il correctement classé en MAG, BUR, DEP, ATE, CLI, HOT ou dans une autre famille ?
Puis il faut identifier précisément la sous-catégorie.
Ensuite vient le secteur d’évaluation.
Puis le tarif 2026.
La surface pondérée doit être reconstituée.
Le coefficient de localisation éventuel doit être recherché.
Les mécanismes de neutralisation et de planchonnement doivent être compris lorsque leur application est pertinente.
Enfin, les taux permettent de rapprocher la base reconstituée du montant figurant sur l’avis.
Cette méthode permet de répondre à la seule question réellement utile :
la taxe foncière correspond-elle à la situation réelle du local ?
Conclusion : dans le Rhône, les tarifs professionnels ont augmenté d’environ 9,6 %, mais certains commerces approchent +20 %
L’analyse des grilles 2017 et 2026 du Rhône – Métropole de Lyon fait apparaître une évolution particulièrement dynamique des valeurs tarifaires professionnelles.
Sur les 38 catégories étudiées, la moyenne simple des évolutions atteint environ :
+9,6 %.
Mais les écarts entre catégories sont importants.
Les plus fortes progressions moyennes sont :
MAG4 : +14,6 %, de 191,7 à 219,7 €/m² ;
MAG3 : +13,9 %, de 728 à 828,8 €/m² ;
DEP4 : +11,8 % ;
MAG1 : +11,1 % ;
ENS2 : +11,1 % ;
DEP2 : +10,7 % ;
BUR2 : +10,6 %.
La tendance déjà observée dans plusieurs départements français est donc à nouveau confirmée :
les commerces figurent au cœur des plus fortes revalorisations de la RVLLP entre 2017 et 2026.
Mais le Rhône se distingue par l’importance absolue de certains tarifs.
MAG3 secteur 6 atteint en 2026 :
1 721,10 €/m²
contre :
1 478,10 €/m² en 2017.
Soit :
+243 €/m².
MAG4 secteur 5 détient de son côté la plus forte progression relative de la grille :
+19,5 %
avec un passage de :
221,70 à 265 €/m².
MAG3 secteur 4 suit à :
+17 %.
MAG3 secteur 6 et secteur 5 dépassent tous deux :
+16,4 %.
L’étude révèle également une dynamique géographique. Les secteurs 4, 5 et 6 connaissent en moyenne les plus fortes progressions, autour de +11 à +11,4 %, tandis que le secteur 7 demeure globalement le plus cher en niveau absolu.
Autre particularité : contrairement à certains départements où les catégories SPE4 et SPE5 sont restées entièrement figées depuis 2017, elles progressent également dans le Rhône, même si leur hausse reste faible :
SPE4 : +4,4 % ;
SPE5 : +3,3 %.
Enfin, le fichier 2026 indique un coefficient d’évolution départemental de 1,023, l’un des niveaux les plus élevés rencontrés jusqu’à présent dans notre série d’analyses. Il ne faut cependant pas le confondre avec une hausse générale de tous les tarifs : l’article 1518 ter prévoit des mécanismes différents selon la méthode d’évaluation, avec une disposition spécifique pour la Métropole de Lyon.
Ces résultats doivent surtout être interprétés avec prudence.
Une hausse de 14 % du tarif n’est pas une hausse automatique de 14 % de taxe foncière.
Le montant final dépend encore :
de la surface pondérée ;
de la catégorie exacte ;
du secteur ;
du coefficient de localisation ;
des mécanismes correcteurs ;
des taux ;
et de l’historique du local.
Pour un grand commerce, un immeuble de bureaux ou un entrepôt situé dans le Rhône, les écarts peuvent néanmoins devenir considérables.
Avec un MAG3 pouvant atteindre plus de 1 700 €/m², une différence de catégorie, de secteur ou de quelques centaines de mètres carrés pondérés peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros au stade de la valeur locative.
C’est pourquoi l’analyse des tarifs 2017-2026 ne doit pas seulement servir à constater l’augmentation.
Elle doit conduire à une question beaucoup plus importante :
votre local est-il réellement évalué avec la bonne catégorie, le bon secteur, la bonne surface et le bon tarif ?
C’est précisément cette reconstruction que Fiscallia réalise lorsqu’un propriétaire ou une entreprise souhaite comprendre et vérifier sa taxe foncière dans le département 69.
David Dricourt, le 11 septembre 2026






