L’administration fiscale publie d’une étude sur les taux de fiscalité directe locale votés en 2026 par les communes et les EPCI à fiscalité propre
Chaque année, les communes et les établissements publics de coopération intercommunale votent les taux qui serviront au calcul d’une partie des principaux impôts locaux. Pour les propriétaires, les entreprises et les détenteurs de résidences secondaires, ces décisions sont particulièrement importantes puisqu’elles concernent notamment la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et la cotisation foncière des entreprises.
La publication des taux de fiscalité locale 2026 permet donc de dresser un premier état des lieux de la politique fiscale des collectivités.
Mais elle permet surtout de rappeler une règle fondamentale que les contribuables oublient parfois : le montant d’un impôt local ne dépend pas uniquement du taux voté par la commune ou l’intercommunalité.
Un taux peut rester parfaitement stable et votre taxe foncière augmenter.
Une commune peut même diminuer son taux et votre cotisation augmenter malgré tout.
À l’inverse, une augmentation du taux n’entraîne pas nécessairement une progression identique du montant payé par chaque contribuable.
Pourquoi ?
Parce que la plupart des impôts locaux reposent sur deux éléments :
une base d’imposition × un taux d’imposition.
Pour comprendre ce que vous allez réellement payer en 2026, il faut donc regarder les deux.
Fiscalité locale 2026 : quatre taxes directement concernées
L’analyse publiée par la Direction générale des Finances publiques porte sur les taux votés par les communes et les EPCI concernant quatre grandes impositions locales :
- la taxe foncière sur les propriétés bâties, ou TFPB ;
- la taxe foncière sur les propriétés non bâties, ou TFPNB ;
- la taxe d’habitation, désormais essentiellement supportée par les résidences secondaires et certains locaux restant dans son champ ;
- la cotisation foncière des entreprises, ou CFE.
La fiscalité locale constitue une ressource considérable pour les collectivités. À titre de comparaison, les données définitives portant sur 2025 montrent que la seule taxe foncière sur les propriétés bâties représentait 43,1 milliards d’euros de produit, tandis que la CFE atteignait 8,4 milliards d’euros et la taxe d’habitation environ 3,1 milliards d’euros.
Les décisions prises chaque année sur les taux concernent donc directement plusieurs dizaines de milliards d’euros d’impositions.
Pourquoi les taux de fiscalité locale sont-ils importants ?
Le principe du calcul paraît simple.
Prenons une base taxable de 5 000 euros et, uniquement pour illustrer le mécanisme, un taux de 40 %.
La cotisation correspondante sera :
5 000 × 40 % = 2 000 euros.
Si la collectivité décide l’année suivante de porter son taux à 42 %, avec une base inchangée :
5 000 × 42 % = 2 100 euros.
La hausse du taux provoque alors une augmentation de 100 euros.
C’est généralement ce mécanisme qui attire l’attention du contribuable lorsque les collectivités annoncent leurs décisions fiscales.
Mais le problème est que la deuxième variable, la base, peut également évoluer.
Et c’est souvent elle qui explique une partie de l’augmentation de l’avis.
Taux stable ne signifie pas taxe foncière stable
C’est probablement le principal message à retenir.
Supposons que votre commune conserve exactement le même taux de taxe foncière entre deux années.
Votre taxe peut néanmoins augmenter.
La raison est simple : la base imposable peut progresser indépendamment du taux.
Pour les locaux d’habitation, les valeurs locatives cadastrales font notamment l’objet d’une revalorisation forfaitaire nationale annuelle.
Ce mécanisme est particulièrement visible dans les statistiques de 2025.
Le produit communal de taxe foncière sur les propriétés bâties est passé à environ 40,3 milliards d’euros, soit une augmentation de 2,69 %, alors que le taux moyen communal est resté pratiquement inchangé, passant de 37,16 % à 37,18 %. L’augmentation provenait essentiellement des bases, qui avaient progressé de 2,65 %.
Voilà une démonstration particulièrement intéressante :
les collectivités n’ont pas besoin d’augmenter fortement leurs taux pour que le produit de taxe foncière progresse.
L’exemple de 2025 est particulièrement révélateur
Regardons plus précisément les chiffres officiels disponibles pour l’année précédente.
En 2025, 86 % des communes avaient conservé leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties, contre 82 % en 2024.
Seulement 13 % l’avaient augmenté.
Et 1 % l’avait diminué.
On pourrait donc conclure que la fiscalité foncière avait été particulièrement stable.
Pourtant, le produit de taxe foncière a progressé.
Pourquoi ?
Parce que la stabilité des taux ne signifie pas la stabilité des bases.
C’est exactement le mécanisme qu’un propriétaire doit comprendre lorsqu’il reçoit son avis.
Une taxe locale comporte toujours deux histoires différentes
Lorsque votre taxe foncière augmente, il faudrait donc poser deux questions et non une seule.
La première :
le taux a-t-il augmenté ?
La seconde :
ma base d’imposition a-t-elle augmenté ?
Ces deux phénomènes sont indépendants.
Ils peuvent même se cumuler.
Prenons un exemple.
Année N :
Base : 4 000 euros.
Taux : 40 %.
Taxe : 1 600 euros.
Année N+1, la base progresse de 2 % :
4 080 euros.
La commune porte parallèlement son taux de 40 à 41 %.
La nouvelle cotisation devient :
4 080 × 41 % = 1 672,80 euros.
La taxe augmente donc de 72,80 euros, soit environ 4,55 %.
Pourtant, ni la base ni le taux n’ont individuellement augmenté de 4,55 %.
C’est le cumul des deux évolutions qui produit le résultat final.
La base peut également évoluer pour une raison propre à votre logement
Il faut aller encore plus loin.
La base fiscale ne progresse pas uniquement sous l’effet d’une revalorisation nationale.
Elle peut également changer parce que votre bien a changé ou parce que l’administration a connaissance d’informations nouvelles.
Pour une habitation, une extension, une piscine, une véranda, l’aménagement de combles, la création de nouvelles pièces ou différentes modifications de la consistance du logement peuvent avoir une incidence sur la valeur locative cadastrale.
L’administration peut également corriger une donnée cadastrale antérieure.
Dans ce cas, deux voisins vivant dans la même commune et soumis aux mêmes taux peuvent connaître des évolutions très différentes de leur taxe foncière.
C’est pourquoi comparer uniquement son avis avec celui du voisin est rarement suffisant.
Pour les locaux professionnels, la logique est encore différente
Les locaux professionnels relevant de l’article 1498 du CGI ne sont pas évalués selon les mêmes principes que les logements.
Depuis la révision des valeurs locatives des locaux professionnels, leur valeur locative repose notamment sur :
la surface pondérée ;
la catégorie du local ;
le secteur d’évaluation ;
le tarif au mètre carré correspondant ;
et éventuellement un coefficient de localisation.
Les tarifs des locaux professionnels font par ailleurs l’objet d’une actualisation selon les mécanismes propres à la révision.
Pour une entreprise, constater que le taux de CFE n’a pas augmenté ne suffit donc absolument pas pour conclure que sa CFE restera identique.
Il faut également examiner la base imposable.
La CFE illustre parfaitement la différence entre taux et base
La cotisation foncière des entreprises peut être particulièrement difficile à comprendre parce qu’elle peut être établie selon des situations différentes.
Une entreprise disposant de locaux suffisamment importants pourra être imposée à partir de leur valeur locative.
Une entreprise ne disposant pas de local ou dont la valeur locative est insuffisante pourra, selon sa situation, relever de la cotisation minimum.
Dans le premier cas, la valeur locative immobilière constitue une donnée essentielle.
Dans le second, la base minimum fixée dans le cadre légal et la tranche de chiffre d’affaires deviennent déterminantes.
Deux entreprises exerçant la même activité dans deux communes différentes peuvent donc supporter des CFE sensiblement différentes.
Et deux entreprises voisines peuvent également payer des montants différents en raison de leurs bases.
Une commune peut donc ne pas augmenter son taux tout en percevant davantage
C’est un point particulièrement important pour comprendre les statistiques fiscales.
Lorsqu’une collectivité annonce :
« Nous n’augmentons pas le taux de taxe foncière », cela signifie exactement ce que cette phrase indique.
Le taux n’augmente pas.
Cela ne signifie pas nécessairement :
« Le montant de votre taxe foncière n’augmentera pas. »
La différence est considérable.
Les données 2025 l’ont parfaitement démontré : avec un taux moyen pratiquement stable, le produit communal de TFPB a progressé de 2,69 %, principalement sous l’effet de la hausse des bases.
Les deux affirmations peuvent donc être simultanément vraies :
la commune n’a pas augmenté son taux ;
et :
les propriétaires paient globalement davantage.
Pourquoi les bases augmentent-elles automatiquement pour les habitations ?
Pour les locaux d’habitation, le système fiscal prévoit une revalorisation forfaitaire annuelle des valeurs locatives.
Depuis 2018, cette revalorisation est liée à l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé mesuré selon les modalités prévues par le CGI.
Lorsque l’inflation est importante, la revalorisation peut donc l’être également.
C’est ce phénomène qui avait provoqué des progressions particulièrement fortes au cours des années précédentes : la revalorisation forfaitaire avait atteint 7,1 % en 2023, puis 3,9 % en 2024, avant de ralentir.
Cela permet de comprendre pourquoi les propriétaires ont pu constater des augmentations significatives sans que leur commune ait nécessairement voté une hausse comparable de son taux.
Et pour 2026 ?
Pour les redevables, l’enjeu est exactement le même.
Il faut distinguer :
l’évolution générale de la base ;
l’évolution éventuelle des caractéristiques propres au bien ;
et l’évolution des taux locaux.
Le montant inscrit sur l’avis constitue le résultat final de ces différents éléments.
C’est pourquoi l’analyse des taux votés en 2026 est utile, mais elle ne permet pas à elle seule de prévoir exactement le montant de chaque taxe.
Il faut connaître la base.
La taxe foncière peut donc augmenter pour trois grandes raisons
Pour simplifier, un propriétaire peut constater une augmentation provenant de trois mécanismes principaux.
Première raison : la revalorisation de la base.
La valeur locative utilisée fiscalement progresse.
Deuxième raison : une modification individuelle du bien ou de son évaluation.
Une extension, une dépendance, un changement de consistance ou une correction cadastrale peut modifier la valeur locative.
Troisième raison : une augmentation du taux.
La commune ou l’EPCI modifie le taux applicable.
Et ces trois phénomènes peuvent naturellement se cumuler.
Une baisse de taux peut-elle malgré tout conduire à une hausse de taxe ?
Oui.
Prenons une base de 5 000 euros et un taux de 40 %.
Taxe :
2 000 euros.
L’année suivante, supposons que la base passe à 5 200 euros, tandis que la collectivité diminue son taux à 39 %.
Nouvelle taxe :
5 200 × 39 % = 2 028 euros.
Le taux a diminué.
Pourtant, la taxe augmente de 28 euros.
Cet exemple permet de comprendre pourquoi l’analyse politique des taux et l’analyse fiscale de l’avis ne répondent pas exactement à la même question.
La première permet de connaître la décision de la collectivité.
La seconde permet de comprendre ce que paie réellement le contribuable.
À l’inverse, une hausse de taux ne signifie pas que toute l’augmentation vient de la commune
Le raisonnement fonctionne également dans l’autre sens.
Lorsqu’un avis augmente fortement, il serait trop simple d’attribuer automatiquement toute la hausse à la commune.
Une partie peut provenir de la revalorisation des bases.
Une autre d’une modification individuelle du bien.
Une autre encore d’une décision de l’intercommunalité.
Et une dernière de l’évolution du taux communal.
Pour comprendre réellement une augmentation, il faut donc décomposer l’avis.
Les EPCI comptent également
Le contribuable se concentre souvent sur sa commune.
Pourtant, les établissements publics de coopération intercommunale disposent eux aussi d’une place importante dans la fiscalité locale.
Communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines et métropoles peuvent percevoir différents produits fiscaux et voter certains taux.
Cette dimension est particulièrement importante pour la CFE.
Une entreprise qui cherche à comprendre son imposition ne doit donc pas uniquement regarder la politique fiscale de la commune où elle est installée.
L’intercommunalité peut être déterminante.
Les collectivités peuvent également agir sur les exonérations
Le taux n’est d’ailleurs pas le seul levier dont disposent les collectivités.
Les données officielles rappellent qu’elles peuvent adopter des délibérations concernant certains abattements ou exonérations, ou au contraire limiter ou supprimer certaines exonérations lorsque la loi leur en donne la possibilité.
En matière de taxe foncière, les bases exonérées sur délibération des communes représentaient par exemple 47 millions d’euros en 2025, pour un coût estimé à environ 17,4 millions d’euros pour les communes.
La politique fiscale locale ne se résume donc pas au taux affiché.
Une collectivité dispose de plusieurs outils qui peuvent avoir une incidence sur l’imposition finale.
L’exemple des constructions neuves
Un propriétaire qui vient de faire construire une maison peut bénéficier de l’exonération temporaire prévue pour les constructions nouvelles.
Mais la commune dispose, dans les conditions prévues par l’article 1383 du CGI, de la possibilité de limiter l’exonération correspondant à sa part.
Deux maisons neuves identiques situées dans deux communes différentes peuvent donc connaître des situations fiscales différentes.
Là encore, regarder uniquement le taux de taxe foncière ne suffit pas.
Il faut également connaître les délibérations locales applicables.
Le cas des résidences secondaires est encore plus révélateur
La taxe d’habitation a disparu pour les résidences principales, mais elle subsiste notamment pour les résidences secondaires.
Dans certaines communes répondant aux conditions légales, une majoration comprise entre 5 % et 60 % peut en outre être appliquée à la cotisation correspondant aux logements meublés non affectés à l’habitation principale.
Pour le propriétaire d’une résidence secondaire, l’analyse de la fiscalité locale doit donc aller au-delà du taux général.
Il faut vérifier :
le taux ;
la base ;
et l’existence éventuelle d’une majoration.
Une comparaison entre deux communes touristiques peut ainsi faire apparaître des différences très importantes.
Le taux moyen national n’est pas votre taux
Autre précaution importante lorsque l’on lit les statistiques nationales : un taux moyen reste une moyenne.
En 2025, le taux moyen communal de taxe foncière sur les propriétés bâties s’établissait autour de 37,18 %.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les propriétaires étaient taxés à 37,18 %.
Les taux locaux peuvent être sensiblement supérieurs ou inférieurs.
Pour le contribuable, la donnée pertinente reste celle applicable dans sa commune et son intercommunalité.
Les moyennes nationales permettent de comprendre les tendances.
Elles ne permettent pas de reconstituer un avis individuel.
Pourquoi faut-il comparer les taux sur plusieurs années ?
Un avis isolé fournit une photographie.
Pour comprendre une évolution, il est beaucoup plus intéressant de comparer plusieurs exercices.
Prenons une taxe foncière qui passe successivement de :
2 000 euros ;
à 2 150 euros ;
puis 2 300 euros ;
et enfin 2 450 euros.
La progression semble régulière.
Mais les causes peuvent être complètement différentes selon les années.
Une année, la hausse peut provenir essentiellement de la revalorisation nationale.
L’année suivante, la commune peut augmenter son taux.
La troisième, une modification cadastrale peut intervenir.
Regarder uniquement les montants ne permet pas de comprendre cette succession.
Il faut comparer simultanément les bases et les taux.
2026 : la stabilité apparente ne doit donc pas rassurer trop vite
C’est probablement l’une des principales leçons à tirer de la publication consacrée aux taux.
Lorsque les taux sont globalement stables, les contribuables peuvent avoir l’impression que leur fiscalité locale l’est également.
L’expérience des années précédentes montre que ce raisonnement est insuffisant.
En 2025, 86 % des communes avaient conservé leur taux de TFPB, mais le produit communal avait néanmoins augmenté de 2,69 %, essentiellement sous l’effet des bases.
Pour 2026, il faut donc éviter de réduire la question à :
« Ma commune a-t-elle augmenté son taux ? »
La véritable question est :
« Comment ma base et les taux qui lui sont appliqués ont-ils évolué ? »
Une hausse de la base n’est pas nécessairement une erreur
C’est également important pour un cabinet comme Fiscallia.
Constater que la base augmente ne signifie pas qu’elle est incorrecte.
Une revalorisation légale peut expliquer la progression.
Une modification réelle du bien peut également justifier une nouvelle évaluation.
Une déclaration effectuée par le propriétaire peut avoir entraîné une actualisation parfaitement normale.
L’objectif d’une analyse n’est donc pas de considérer toute hausse comme suspecte.
Il consiste à vérifier que chaque évolution possède une explication fiscale identifiable.
En revanche, une hausse inexpliquée doit être étudiée
Supposons que votre taxe foncière augmente de 12 %.
Vous vérifiez les taux.
Ils sont stables.
La revalorisation générale des bases n’explique qu’une faible partie de la progression.
Votre bien n’a subi aucune modification.
Dans ce cas, il devient particulièrement intéressant de comprendre ce qui s’est passé.
Une donnée cadastrale a-t-elle été modifiée ?
Une dépendance a-t-elle été ajoutée ?
Une ancienne déclaration a-t-elle été prise en compte ?
Le classement a-t-il changé ?
Une exonération a-t-elle pris fin ?
La réponse existe nécessairement quelque part dans le calcul.
Le contribuable doit donc apprendre à lire autrement son avis
La première réaction consiste souvent à regarder le montant situé en bas de la page.
C’est évidemment normal : c’est ce qu’il faut payer.
Mais pour vérifier l’imposition, il faut remonter dans le calcul.
Quelle est ma base ?
Quel taux lui est appliqué ?
Quelle collectivité perçoit l’impôt ?
Existe-t-il une exonération ou une majoration ?
La base est-elle cohérente avec l’année précédente ?
Cette méthode permet de transformer un avis d’imposition en véritable outil de contrôle.
Pour une entreprise, cette démarche devrait être annuelle
La question est encore plus importante pour les professionnels.
Une entreprise contrôle ses loyers.
Elle contrôle ses factures d’énergie.
Elle contrôle ses assurances.
Elle vérifie ses charges sociales et ses frais bancaires.
Il serait logique qu’elle applique la même méthode à sa taxe foncière et à sa CFE.
Lorsque les montants atteignent plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros, une petite variation de base ou de taux peut représenter une somme importante.
Une augmentation de seulement 3 % sur 100 000 euros représente :
3 000 euros supplémentaires par an.
Sur plusieurs établissements, l’effet peut rapidement devenir significatif.
La publication des taux 2026 constitue donc un excellent point de départ
Les données publiques permettent désormais d’identifier les décisions prises par les collectivités.
Le portail officiel des collectivités locales met à disposition les statistiques et fichiers relatifs aux taux de fiscalité directe locale, issus notamment du fichier de recensement des éléments d’imposition.
Consulter les données officielles sur les taux de fiscalité directe locale
Pour le contribuable, cette information permet d’effectuer un premier contrôle.
Si la taxe augmente alors que le taux reste stable, il faut chercher du côté de la base ou des autres éléments du calcul.
Si le taux augmente, il devient possible d’isoler au moins une partie de l’explication.
La base reste pourtant l’élément que le contribuable maîtrise le moins
Le taux est public.
Il est voté.
Il peut être comparé.
La base est beaucoup plus difficile à comprendre.
Pour une habitation, elle résulte d’une valeur locative cadastrale construite à partir des caractéristiques du logement.
Pour un local professionnel, elle dépend d’une surface pondérée, d’une catégorie, d’un secteur tarifaire et éventuellement d’un coefficient de localisation.
Pour certains établissements industriels, une autre méthode d’évaluation peut encore intervenir.
C’est précisément cette complexité qui explique pourquoi un contribuable peut parfaitement vérifier le taux et passer malgré tout à côté d’une erreur importante.
Une erreur de base peut être beaucoup plus coûteuse qu’une hausse de taux
Prenons un exemple.
Une entreprise possède un local dont la base correcte devrait être de 100 000 euros.
Une anomalie conduit pourtant à retenir 120 000 euros.
La base est donc supérieure de :
20 %.
Même si le taux reste totalement stable pendant plusieurs années, l’entreprise supportera une imposition excessive tant que cette différence persistera.
Une hausse ponctuelle du taux de 1 ou 2 % attire immédiatement l’attention.
Une base incorrecte de 20 % peut, elle, rester invisible pendant des années.
C’est pourquoi chez Fiscallia nous insistons régulièrement sur un principe :
le contrôle du taux est utile, mais le contrôle de la base est indispensable.
Taux de fiscalité locale 2026 : ce qu’il faut vérifier sur vos prochains avis
Lorsque vous recevrez vos impositions, quatre vérifications peuvent être effectuées.
D’abord, comparez le montant avec celui de l’année précédente.
Ensuite, comparez les bases.
Puis vérifiez les taux appliqués.
Enfin, recherchez les éventuelles modifications propres à votre situation : fin d’une exonération, nouvelle majoration, changement de consistance du bien, nouvelle déclaration ou correction cadastrale.
Cette démarche permet généralement de déterminer rapidement si l’évolution est normale ou si elle mérite une analyse complémentaire.
L’enjeu n’est pas d’empêcher l’impôt d’augmenter
Il faut être très clair sur ce point.
Une hausse légale de la base doit être appliquée.
Un taux régulièrement voté doit être supporté.
Une modification réelle d’un bâtiment doit, lorsqu’elle produit des conséquences fiscales, être prise en compte.
La vérification ne permet pas de supprimer une augmentation juridiquement justifiée.
Son objectif est différent :
s’assurer que vous ne payez ni plus ni moins que ce que les règles fiscales prévoient réellement.
C’est précisément ce qui distingue une optimisation fiscale sérieuse d’une contestation systématique.
Conclusion : en 2026, ne regardez pas seulement le taux, vérifiez aussi la base
La publication des taux de fiscalité locale 2026 constitue une information importante pour les propriétaires, les entreprises et les détenteurs de résidences secondaires.
Mais elle ne permet pas, à elle seule, de savoir combien vous allez payer.
L’expérience de 2025 l’illustre parfaitement : 86 % des communes avaient maintenu leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties, tandis que le taux moyen communal était resté presque parfaitement stable. Pourtant, le produit communal de TFPB avait progressé de 2,69 %, essentiellement parce que les bases avaient augmenté de 2,65 %.
Cette mécanique doit devenir un réflexe pour le contribuable.
Une taxe locale est le résultat d’une base et d’un taux.
Le taux relève principalement de la décision politique et fiscale de la collectivité.
La base dépend des règles d’évaluation et des caractéristiques fiscales du bien.
Une commune peut donc maintenir son taux et votre taxe augmenter. Elle peut diminuer son taux et votre cotisation augmenter malgré tout. Elle peut augmenter son taux alors qu’une diminution de votre base atténue la hausse finale.
Chez Fiscallia, c’est précisément pour cette raison que nous recommandons de ne jamais analyser un avis de taxe foncière ou de CFE uniquement à partir de son montant final.
Lorsque l’imposition évolue, il faut reconstituer l’évolution de la base, identifier les taux appliqués et rechercher la raison exacte de chaque variation.
La publication des taux 2026 apporte donc une information précieuse.
Mais elle ne constitue que la moitié de l’équation.
Pour savoir si votre impôt local est juste, il faut aussi vérifier ce sur quoi le taux est appliqué.
David Dricourt, le 27 aout 2026





