53,84 milliards d’euros payés sans vérification
Dans notre précédent article consacré à la peur du fisc, nous avons essayé de comprendre pourquoi de nombreux contribuables renoncent à vérifier leurs impôts locaux alors même qu’ils s’interrogent sur leur montant. La crainte de provoquer un contrôle, de découvrir une sous-imposition, de devoir régulariser une ancienne déclaration ou simplement d’entrer dans une relation avec l’administration fiscale conduit parfois à une décision très simple : ne rien faire.
Cette réaction est compréhensible.
Mais elle mérite d’être examinée sous un autre angle, beaucoup plus positif et surtout beaucoup plus économique.
Car lorsqu’un contribuable renonce à vérifier sa taxe foncière, sa taxe d’habitation ou sa cotisation foncière des entreprises, il ne supprime aucun risque : il décide simplement de payer le montant demandé sans savoir s’il correspond réellement au montant qu’il devrait payer.
À l’échelle d’un particulier, cela peut représenter quelques centaines d’euros.
À l’échelle d’une entreprise, plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros.
Et à l’échelle nationale, les montants deviennent considérables.
En retenant pour notre raisonnement un produit annuel cumulé d’environ 67,3 milliards d’euros pour la taxe foncière, la taxe d’habitation et la CFE, et en appliquant à titre purement illustratif le comportement observé auprès des prospects Fiscallia, nous arrivons à un chiffre spectaculaire :
plus de 53 milliards d’euros d’impôts locaux pourraient être acquittés chaque année sans véritable vérification préalable par les contribuables.
Cela ne signifie évidemment pas que 53 milliards d’euros sont erronés.
Cela signifie quelque chose de très différent :
53 milliards pourraient être payés sans que les redevables sachent réellement si les bases utilisées pour les calculer sont correctes.
Et c’est précisément là que commence l’intérêt financier d’une vérification.
67,3 milliards d’euros de taxe foncière, taxe d’habitation et CFE
Pour mesurer l’enjeu, partons du montant retenu pour cette analyse :
67,3 milliards d’euros de recettes annuelles cumulées.
Ce montant correspond à l’ensemble des trois impositions qui nous intéressent ici :
la taxe foncière ;
la taxe d’habitation restant applicable aux situations concernées ;
la cotisation foncière des entreprises.
Ces impôts possèdent des mécanismes différents, mais ils ont un point commun essentiel : leur calcul repose sur des informations fiscales et cadastrales dont certaines peuvent être anciennes, avoir évolué au cours du temps ou ne plus correspondre exactement à la réalité du bien ou de son utilisation.
Pourtant, dans la très grande majorité des situations, le contribuable reçoit son avis, regarde essentiellement le montant à payer et procède au règlement.
Il ne vérifie pas nécessairement la base.
Il ne reconstitue pas le calcul.
Il ne recherche pas l’origine de la valeur locative.
Il ne vérifie pas systématiquement les exonérations ou abattements.
Il ne compare pas toujours les caractéristiques cadastrales avec la réalité physique de son bien.
Autrement dit, il vérifie le montant à payer beaucoup plus souvent que la manière dont ce montant a été obtenu.
Combien représentent financièrement les avis qui ne seraient pas vérifiés ?
Dans notre précédent article, nous sommes partis d’une observation réalisée lors des échanges commerciaux de Fiscallia.
Sur un échantillon de dix prospects qui envisagent une analyse de leurs taxes, environ deux seulement poursuivent réellement la démarche.
Huit renoncent.
Nous avions donc un taux de renoncement observé de :
8 / 10 = 80 %.
Appliqué aux quelque 40 millions d’avis que nous retenions comme hypothèse de travail, ce ratio conduisait théoriquement à environ 32 millions d’avis non vérifiés.
Appliquons maintenant exactement le même raisonnement aux recettes fiscales.
Sur 67,3 milliards d’euros :
67,3 milliards × 80 % = 53,84 milliards d’euros.
Inversement :
67,3 milliards × 20 % = 13,46 milliards d’euros.
Notre extrapolation théorique donne donc :
| Hypothèse | Montant |
|---|---|
| Recettes annuelles TF + TH + CFE | 67,30 Md€ |
| Part théoriquement vérifiée – 20 % | 13,46 Md€ |
| Part théoriquement non vérifiée – 80 % | 53,84 Md€ |
Le chiffre mérite d’être répété :
53,84 milliards d’euros.
Près de 54 milliards d’euros d’impôts locaux seraient donc potentiellement payés sans véritable analyse si le comportement constaté dans notre petit échantillon était transposable à l’ensemble des redevables.
Il faut immédiatement rappeler la limite de ce calcul : il ne s’agit pas d’une statistique officielle et nous n’affirmons pas que 80 % des impôts locaux français ne sont effectivement jamais vérifiés. Notre échantillon ne permet absolument pas une telle conclusion scientifique.
Mais l’ordre de grandeur permet de poser une question beaucoup plus intéressante :
combien d’argent les contribuables pourraient-ils économiser si une fraction seulement de ces impositions comportait une erreur en leur défaveur ?
53,84 milliards non vérifiés ne signifient surtout pas 53,84 milliards de trop-payé
La distinction est fondamentale.
Une taxe non vérifiée n’est pas nécessairement incorrecte.
Et une taxe incorrecte n’est pas nécessairement trop élevée.
Nos propres observations le démontrent.
Sur dix dossiers réellement analysés par Fiscallia, nous constatons approximativement :
4 dossiers correctement ou approximativement correctement imposés ;
6 dossiers présentant au moins une anomalie.
Parmi ces six dossiers :
3 permettent finalement d’engager une réclamation ;
2 révèlent au contraire une sous-imposition ;
1 nécessite une déclaration ou une correction de la situation.
La vérification ne constitue donc jamais une promesse de réduction de l’impôt.
Elle permet de déterminer si le montant payé correspond à la situation fiscale réelle.
Mais les trois dossiers sur dix permettant une réclamation montrent également que l’enjeu financier ne peut pas être ignoré.
Dans nos dossiers favorables, l’économie moyenne se situe autour de 20 %
Notre deuxième donnée interne est particulièrement intéressante.
Lorsqu’une anomalie permet effectivement d’engager une réclamation, l’économie moyenne constatée est d’environ 20 % du montant de l’impôt concerné.
Ce chiffre ne signifie pas que chaque contribuable qui demande une vérification économisera 20 %.
Ce serait incorrect.
Il signifie que, sur les dossiers dans lesquels une surimposition exploitable est effectivement identifiée, l’ordre de grandeur moyen de l’économie observée par Fiscallia se situe autour de 20 %.
Et cette économie peut parfois concerner plusieurs années.
Prenons quelques exemples.
Une taxe foncière annuelle de 2 000 euros présentant une surimposition de 20 % représente :
400 euros par an.
Une CFE de 10 000 euros :
2 000 euros par an.
Une taxe foncière professionnelle de 50 000 euros :
10 000 euros par an.
Une imposition de 200 000 euros :
40 000 euros par an.
À ce stade, l’intérêt d’une vérification devient beaucoup plus concret.
Et lorsque plusieurs années peuvent être récupérées ?
C’est ici que l’intérêt financier peut devenir particulièrement important.
Une anomalie de valeur locative ne concerne pas nécessairement uniquement l’année en cours.
Selon la nature de l’erreur, les délais applicables et la situation du dossier, une réclamation peut porter sur plusieurs impositions.
Prenons l’exemple volontairement simple d’une entreprise payant 30 000 euros de taxe foncière par an.
Une analyse révèle une surimposition de 20 %.
L’économie annuelle potentielle est donc :
30 000 × 20 % = 6 000 euros.
Si la correction permet de récupérer trois années :
6 000 × 3 = 18 000 euros.
Si cinq années sont concernées dans une situation permettant juridiquement une telle reprise :
6 000 × 5 = 30 000 euros.
Et surtout, si la correction de la base produit également ses effets pour l’avenir, l’économie ne s’arrête pas au remboursement obtenu.
Elle continue potentiellement sur les impositions suivantes.
C’est précisément pourquoi une erreur de fiscalité locale doit rarement être regardée sur une seule année.
Une économie de 20 % peut devenir considérable avec le temps
Prenons maintenant une petite entreprise qui supporte chaque année :
8 000 euros de taxe foncière ;
et 6 000 euros de CFE.
La charge totale atteint :
14 000 euros par an.
Une anomalie représentant 20 % correspond à :
2 800 euros par an.
Sur cinq années :
14 000 euros.
Sur dix années :
28 000 euros.
Même si la réclamation ne permet évidemment pas nécessairement de récupérer dix années antérieures, une correction structurelle de la base peut produire ses effets pour l’avenir.
C’est une distinction fondamentale entre le dégrèvement obtenu sur le passé et l’économie générée pour les années futures.
La valeur d’une vérification ne doit donc pas être mesurée uniquement au remboursement
C’est une erreur assez fréquente.
Un contribuable demande :
« Combien vais-je récupérer ? »
La bonne question devrait plutôt être :
« Combien cette anomalie me coûte-t-elle sur toute la durée pendant laquelle elle produit ses effets ? »
Supposons une économie annuelle de seulement 500 euros.
Cela peut sembler relativement faible.
Mais si le propriétaire conserve son bien pendant vingt ans :
500 × 20 = 10 000 euros.
Avec 1 000 euros d’économie annuelle :
20 000 euros.
Avec 2 000 euros :
40 000 euros.
Une petite erreur cadastrale peut donc devenir une dépense importante lorsqu’elle est répétée année après année.
Essayons maintenant de mesurer théoriquement le potentiel national
L’exercice suivant est volontairement théorique.
Il ne constitue ni une estimation officielle, ni une prévision Fiscallia.
Il permet simplement de comprendre l’effet que produirait une faible proportion de surimpositions sur les 53,84 milliards d’euros théoriquement non vérifiés.
Supposons que seulement 1 % de ces montants correspondent à des situations permettant une économie moyenne de 20 %.
La masse fiscale concernée serait :
53,84 Md€ × 1 % = 538,4 millions d’euros.
Une correction moyenne de 20 % représenterait alors :
107,68 millions d’euros d’économies annuelles potentielles.
Avec seulement 5 % de la masse non vérifiée concernée :
53,84 Md€ × 5 % = 2,692 milliards d’euros.
Puis :
2,692 Md€ × 20 % = 538,4 millions d’euros.
Avec 10 % :
53,84 Md€ × 10 % = 5,384 milliards d’euros, soit, avec une économie moyenne de 20 % :
1,077 milliard d’euros par an.
Les ordres de grandeur deviennent considérables.
Quelques scénarios pour comprendre l’enjeu
Nous pouvons résumer l’exercice :
| Part des 53,84 Md€ présentant hypothétiquement une surimposition | Masse fiscale concernée | Économie à 20 % |
|---|---|---|
| 0,5 % | 269,2 M€ | 53,84 M€ |
| 1 % | 538,4 M€ | 107,68 M€ |
| 2 % | 1,077 Md€ | 215,36 M€ |
| 5 % | 2,692 Md€ | 538,40 M€ |
| 10 % | 5,384 Md€ | 1,077 Md€ |
Le scénario le plus prudent est déjà intéressant.
Si seulement 0,5 % des montants théoriquement non vérifiés comportaient une surimposition permettant une économie de 20 %, l’enjeu atteindrait encore près de :
54 millions d’euros par an.
Encore une fois, nous ne disons pas que ces sommes existent réellement.
Nous démontrons simplement qu’avec une assiette de plusieurs dizaines de milliards d’euros, un taux d’erreur extrêmement faible suffit pour créer un enjeu financier considérable.
Et si nous appliquions directement les observations Fiscallia ?
L’exercice devient beaucoup plus spectaculaire, mais aussi beaucoup plus hypothétique.
Sur nos dix dossiers analysés, trois permettent une réclamation.
Cela représente :
30 %.
Si nous appliquions mécaniquement ce taux aux 53,84 milliards d’euros théoriquement non vérifiés :
53,84 Md€ × 30 % = 16,152 milliards d’euros d’impositions potentiellement concernées.
En appliquant ensuite notre économie moyenne observée de 20 % :
16,152 Md€ × 20 % = 3,2304 milliards d’euros.
Nous arriverions donc théoriquement à plus de :
3,23 milliards d’euros d’économies annuelles potentielles.
Ce chiffre est suffisamment spectaculaire pour qu’il faille immédiatement dire pourquoi nous ne pouvons pas le présenter comme une estimation du marché français.
Les clients qui demandent une analyse à Fiscallia ne constituent pas un échantillon aléatoire de la population.
Ils nous sollicitent précisément parce qu’ils ont parfois déjà un doute sur leur imposition.
Il existe donc nécessairement un biais de sélection.
Nous ne pouvons pas extrapoler notre taux de 30 % à l’ensemble des contribuables.
Mais ce calcul démontre malgré tout l’importance économique potentielle de la vérification.
Même en divisant notre observation par trente, l’enjeu reste supérieur à 100 millions d’euros
C’est probablement le chiffre que je trouve le plus intéressant pour cet article.
Notre extrapolation brute donne 3,23 milliards d’euros.
Soyons extrêmement prudents.
Au lieu de considérer que 30 % de la masse non vérifiée pourrait présenter une surimposition, retenons seulement 1 %.
Nous divisons donc le taux observé chez nos clients par trente.
Et malgré cette hypothèse extrêmement restrictive, nous obtenons encore :
107,68 millions d’euros d’économies potentielles par an.
Voilà pourquoi la question de la vérification mérite d’être posée.
Il n’est absolument pas nécessaire de supposer que les erreurs sont généralisées pour obtenir un enjeu financier significatif.
Pour le particulier, quelques centaines d’euros peuvent devenir plusieurs milliers
Revenons maintenant à l’échelle du contribuable.
Une maison supporte une taxe foncière de 2 500 euros.
Une anomalie permet une diminution de 15 %.
L’économie annuelle atteint :
375 euros.
Ce montant ne transformera évidemment pas la situation financière du propriétaire.
Mais sur dix ans :
3 750 euros.
Sur vingt ans :
7 500 euros.
Et ce calcul ne tient même pas compte des évolutions futures des bases et des taux.
L’intérêt d’une correction fiscale ne réside donc pas nécessairement dans une économie spectaculaire la première année.
Il réside souvent dans la répétition de cette économie.
Pour une entreprise, les montants changent complètement d’échelle
Prenons maintenant un établissement professionnel supportant chaque année :
60 000 euros de taxe foncière et 40 000 euros de CFE.
Charge totale :
100 000 euros.
Une anomalie représentant 10 % seulement correspond à :
10 000 euros par an.
Sur cinq années :
50 000 euros.
Sur dix années :
100 000 euros.
Pour une entreprise exploitant plusieurs établissements, le montant peut encore être multiplié.
À ce niveau, vérifier la fiscalité locale ne constitue plus seulement une question fiscale.
Cela devient une question de gestion des charges d’exploitation.
Un euro d’impôt économisé est un euro de charge en moins
Cette évidence mérite d’être rappelée aux entreprises.
Réduire une charge fiscale injustifiée améliore directement le résultat.
Pour générer 10 000 euros de résultat supplémentaire, une entreprise doit souvent réaliser beaucoup plus de 10 000 euros de chiffre d’affaires supplémentaire.
Si sa marge nette représente 10 %, il faut théoriquement :
100 000 euros de chiffre d’affaires supplémentaire pour produire 10 000 euros de résultat.
Corriger une surimposition de 10 000 euros produit, toutes choses égales par ailleurs, un effet immédiat de 10 000 euros sur les charges concernées.
C’est pourquoi l’optimisation de la fiscalité locale peut être particulièrement intéressante pour les entreprises à faible marge.
Une taxe correcte est également un résultat positif
Il ne faut surtout pas présenter la vérification uniquement sous l’angle de l’économie.
Rappelons nos observations :
sur dix analyses, quatre ne conduisent pas à identifier une anomalie significative permettant une action.
Est-ce un échec ?
Non.
Le contribuable obtient quelque chose qu’il n’avait pas auparavant :
la certitude raisonnable que son imposition est cohérente.
Pour une entreprise, cette information peut également améliorer la prévision budgétaire.
Pour un propriétaire, elle évite de conserver pendant plusieurs années un doute sur la valeur locative de son bien.
Pour un investisseur, elle permet de mieux connaître le coût réel de détention.
Une vérification possède donc une valeur même lorsqu’elle ne génère aucun dégrèvement.
Vérifier permet également d’anticiper les futures taxes
L’intérêt financier ne concerne pas seulement les avis déjà reçus.
Lors d’une acquisition immobilière, d’une construction, d’un changement d’affectation, d’une extension, d’une location ou de l’installation d’une activité professionnelle, il est possible d’essayer d’anticiper les conséquences fiscales.
C’est particulièrement important pour la taxe foncière et la CFE.
Un projet économiquement intéressant avant fiscalité peut devenir beaucoup moins attractif après prise en compte des impôts locaux.
Inversement, connaître précisément la future charge permet de négocier un bail, d’établir un business plan ou de déterminer le rendement réel d’un investissement.
L’analyse fiscale devient alors un outil de décision.
La vérification ne doit pas intervenir uniquement lorsque la taxe semble élevée
C’est une autre erreur fréquente.
Une taxe peut sembler raisonnable et être néanmoins incorrecte.
À l’inverse, une taxe élevée peut être parfaitement justifiée.
Le montant absolu ne constitue pas un indicateur suffisant.
Une entreprise peut payer 100 000 euros de taxe foncière correctement calculée.
Une autre peut payer seulement 5 000 euros mais supporter une surimposition de 30 %.
La seule méthode sérieuse consiste à reconstituer l’imposition.
Il existe donc trois résultats positifs possibles
Une vérification peut conduire à trois situations très différentes.
Premier résultat : l’imposition est correcte.
Le contribuable sait désormais que sa taxe est cohérente.
Deuxième résultat : l’imposition est excessive.
Une réclamation peut être étudiée, avec éventuellement un dégrèvement sur les années encore contestables et une diminution des futures cotisations.
Troisième résultat : une anomalie en faveur du contribuable est identifiée.
Il peut alors analyser la situation, ses obligations éventuelles et les conditions d’une régularisation.
Dans les trois cas, le contribuable remplace une incertitude par une information.
C’est précisément ce qui donne sa valeur à l’analyse.
De la peur du fisc à la maîtrise de sa fiscalité
Notre précédent article posait la question de la peur.
Celui-ci permet d’apporter une réponse.
La bonne approche n’est pas :
« Je vais contester mon impôt. »
Elle est :
« Je vais vérifier mon impôt. »
La différence est considérable.
Vérifier ne signifie pas contester.
Vérifier signifie comprendre.
Ensuite seulement vient la décision.
Cette logique est exactement celle qu’un chef d’entreprise applique déjà à ses autres charges.
Il vérifie ses factures fournisseurs.
Il contrôle ses assurances.
Il analyse ses loyers.
Il compare ses frais bancaires.
Il examine ses dépenses énergétiques.
Pourquoi une taxe foncière ou une CFE de plusieurs dizaines de milliers d’euros échapperait-elle à cette logique ?
67,3 milliards d’euros méritent probablement d’être vérifiés
Revenons finalement à notre point de départ.
67,3 milliards d’euros de recettes annuelles pour les trois taxes retenues.
Dans notre hypothèse illustrative, 80 % des avis ne seraient pas véritablement analysés.
Cela représenterait :
53,84 milliards d’euros payés sans vérification approfondie.
Encore une fois, ces 53,84 milliards ne constituent absolument pas une surimposition.
L’immense majorité peut parfaitement correspondre à des cotisations correctement établies.
Mais imaginons que seulement 1 % de cette masse fiscale comporte une anomalie en défaveur du contribuable et que l’économie moyenne soit de 20 %.
Nous obtenons :
107,68 millions d’euros par an.
À seulement 2 % :
215,36 millions.
À 5 % :
538,4 millions.
Il n’est donc pas nécessaire d’imaginer un système fiscal massivement erroné pour comprendre l’intérêt économique du contrôle.
Il suffit qu’une très petite proportion des bases soit incorrecte.
Conclusion : vérifier ses impôts locaux est un investissement, pas une confrontation
La peur du fisc peut conduire le contribuable à considérer la vérification comme un risque.
Nous proposons de renverser complètement le raisonnement.
Le véritable risque économique peut être de ne jamais vérifier.
Sur les 67,3 milliards d’euros de taxe foncière, taxe d’habitation et CFE retenus pour notre analyse, notre projection issue du comportement observé auprès des prospects Fiscallia aboutit à 53,84 milliards d’euros potentiellement acquittés sans analyse approfondie.
Nous ne savons pas quelle proportion de cette somme correspond à des impositions trop élevées.
Personne ne peut sérieusement l’affirmer sans une étude nationale représentative.
Mais nous pouvons effectuer un calcul.
Avec seulement 1 % de cette masse présentant une surimposition et une économie moyenne de 20 %, l’enjeu théorique dépasse déjà 107 millions d’euros chaque année.
Et derrière ces chiffres nationaux se trouvent des situations individuelles très concrètes : 300 euros économisés chaque année sur une maison, 2 000 euros sur une CFE, 10 000 euros sur un établissement professionnel ou plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un patrimoine immobilier important.
Chez Fiscallia, notre expérience montre également qu’une analyse peut aboutir à la conclusion inverse et révéler une sous-imposition. C’est précisément pourquoi l’analyse doit précéder la réclamation.
Il ne s’agit donc pas de partir en guerre contre l’administration fiscale.
Il ne s’agit pas davantage de considérer qu’une taxe est forcément fausse parce qu’elle paraît élevée.
Il s’agit simplement d’appliquer à l’impôt la même règle de gestion que nous appliquons à toutes nos autres dépenses :
une charge importante mérite d’être comprise et vérifiée.
La question n’est finalement plus :
« Est-ce que je dois avoir peur de faire vérifier mes impôts ? »
Elle devient :
« Combien peut me coûter le fait de ne jamais les vérifier ? »
Et lorsque l’on raisonne sur 67,3 milliards d’euros par an, la réponse mérite certainement que l’on s’y intéresse.
David Dricourt, le 26 aout 2026





